Histoire de France

Les Capétiens-Valois.

La vieille rivalité des rois de France et d'Angleterre, causée par le fait que les rois d'Angleterre avaient des fiefs en France, devint aiguë en 1328. En effet, Edouard III, petit-fils par sa mère Isabelle de Philippe le Bel, contesta la décision par laquelle les barons français avaient préféré Philippe de Valois, neveu seulement de Philippe le Bel, mais en ligne masculine. Ce fut la Guerre de Cent Ans.
En 1346, Edouard III, après alliance avec les Communes flamandes, écrasa à Crécy l'armée française et s'empara de Calais. A sa mort (1350), Philippe VI laissa la France épuisée ; cependant, le domaine royal s'accrut, sous ce règne, du Dauphiné et de la baronnie de Montpellier.
Sous Jean le Bon (1350-1364), la France fut attaquée de nouveau par l'Angleterre, et vaincue à Maupertuis, près de Poitiers (1356). Jean, fait prisonnier, fut conduit à Londres. Pendant sa captivité éclata une grave crise politique et sociale.
Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, s'insurgea contre le dauphin Charles, lui opposa le roi de Navarre, Charles le Mauvais, et fit massacrer les maréchaux de Normandie et de Champagne. Mais les bourgeois de Paris ne voulurent pas recevoir le roi de Navarre, allié des Anglais, et Marcel périt assassiné.  La révolte rurale des Jacques contre la noblesse, coïncidant avec la révolte de Marcel, fut sévèrement réprimée.
Jean le Bon recouvra la liberté par le traité de Brétigny (1360) ; le roi d'Angleterre renonçait à ses prétentions sur la couronne de France, moyennant une forte rançon, mais il gardait l'Aquitaine, le Poitou, l'Aunis, la Saintonge et la ville de Calais. Jean le Bon avait laissé à Londres un de ses fils en otage. Celui-ci ayant pris la fuite, Jean revint se constituer prisonnier en Angleterre, où il mourut en 1364.
Le dauphin Charles devint roi sous le nom de Charles V (1364-1380). La France était démembrée par le traité de Brétigny, accablée par une dette énorme, déchirée par les factions, ravagée par les Grandes Compagnies. Charles V, roi prudent et habile, fut servi par un vaillant capitaine, Du Guesclin.
Du Guesclin ruina les espérances de Charles de Navarre par la victoire de Cocherel, et délivra la France des Grandes Compagnies en les conduisant faire la guerre en Espagne. Les hostilités ayant repris avec les Anglais, Du Guesclin remporta sur eux des succès si décisifs qu'en 1378 les Anglais ne possédaient plus que Calais, Bordeaux et Bayonne. Charles V parvint d'autre part à régler par le traité de Guérande, en 1365, la succession du duché de Bretagne.
En outre, il fortifia le pouvoir royal, fixa à 13 ans la majorité des rois, et décida que les apanages seraient constitués en argent. Il favorisa les lettres et les arts et fonda au Louvre une bibliothèque.
Charles VI (1380-1422), eut une minorité agitée par l'égoïsme de ses oncles. Peu après sa majorité, il devint fou (1392). Les princes se disputèrent alors le pouvoir ; la France fut désolée par la rivalité des Armagnacs et des Bourguignons. Les Anglais, à la faveur de la guerre civile, remportèrent la victoire d’Azincourt (1415), et, en vertu du traité de Troyes (1420), un roi d'Angleterre fut proclamé roi de France à la mort de Charles VI, à Paris, tandis que le fils de Charles VI, déshérité, était reconnu par quelques fidèles à Bourges.
Ce fils, Charles VII (1422-1461), ne possédait que quelques villes au bord de la Loire lorsqu'apparut Jeanne d'Arc. Jeanne délivra Orléans (1429), conduisit Charles VII à Reims pour le faire sacrer roi de France, affirmant ainsi son droit divin. Mais elle ne put s'emparer de Paris, et, prise à Compiègne par les Bourguignons, fut livrée aux Anglais, qui la brûlèrent vive à Rouen (1431).
La mort de Jeanne d'Arc ne ralentit pas l'élan que l'héroïne avait donné à la défense nationale ; le patriotisme fit triompher lentement mais sûrement la cause de Charles VII : en 1453 les Anglais ne possédaient plus que Calais.

Guerres d'Italie. Le règne de Louis XI, fils de Charles VII, marque la transition entre le moyen âge et l'époque moderne. Autoritaire et habile, Louis XI brisa la haute féodalité et surtout la Bourgogne, dont la guerre de Cent ans avait favorisé l'extension. Louis triompha d'abord de la ligue féodale dite du Bien public (1465). En 1468, retenu par Charles le Téméraire, à Péronne, il dut s'humilier et traiter avec lui. En 1472, Charles ayant accusé Louis d'avoir empoisonné son frère, se jeta sur la Picardie, mais échoua devant Beauvais. Le Téméraire suscita alors Edouard III d'Angleterre, qui envahit la France : Louis XI désarme Edouard par le traité de Picquigny. Adroitement, Louis favorisa les ennemis du due, qui, dans sa folle ambition, s'engagea dans une politique (l'aventure en Suisse et en Lorraine. A la mort du Téméraire, en 1477, Louis XI annexa la Bourgogne et l'Artois. Il avait enlevé à l'Aragon le Roussillon, et recueillit en 1480 par héritage la Provence, le Maine et l'Anjou.
La fin du moyen âge fut hâtée aussi par plusieurs découvertes d'une extrême importance : celles des armes à feu, de l'imprimerie et la découverte de l'Amérique. C'est la bourgeoisie surtout, qui profita de ces trois grandes innovations.

Charles VIII régna d'abord sous la tutelle d'Anne de Beaujeu, qui triompha d'une révolte des grands (1488). Il épousa Anne de Bretagne, héritière du riche duché de ce nom, et fut appelé en Italie. Il conquit le royaume de Naples, sur lequel il prétendait avoir hérité des droits de Charles d'Anjou, père de Saint Louis. Mais une ligue se forma contre lui. Vainqueur à Fornoue (1495), il put regagner la France.

LES VALOIS

1) Un siècle de malheur (1328-1440).

Le roi d'Angleterre Edouard III est par sa mère, Isabelle de France, le petit-fils de Philippe le Bel, alors que le nouveau roi de France Philippe VI (1328-1350) n'est que son neveu, en ligne masculine. Mais, par le traité de Paris de 1259, le roi d'Angleterre doit l'hommage au roi de France pour ses possessions continentales, comme l'Aquitaine, et il relève par là de la juridiction française, source d'infinies contestations.
En Flandre, Edouard III se heurte aux ambitions de la France, contraires aux intérêts économiques anglais.

2) Guerre de Cent Ans (1337-1380).

La guerre commence en 1337 par le refus d'hommage d'Edouard III. La France subit de sérieuses défaites (L'Ecluse, 1340; Crécy, 1346; Calais, 1347). Mais, en 1349, Philippe VI reçoit le Dauphiné en héritage.
La peste noire qui ravage la France et l'Europe occidentale (1347-1349) suspend les hostilités. Elles reprennent sous Jean Il le Bon (1350-1364) lorsque le fils d'Edouard III, le Prince Noir, dévaste l'Aquitaine. C'est en voulant le contrer que Jean le Bon est battu en 1356 à la bataille de Maupertuis, près de Poitiers, et fait prisonnier.
La captivité du roi engendre des troubles à Paris, où le mécontentement éclate aux états convoqués en 1356 par le Dauphin Charles, devenu en l'absence de son père lieutenant général du royaume. Effrayés, les bourgeois se rassemblent derrière le Dauphin.

Au traité de Brétigny (1360), Edouard III renonce au trône de France mais conserve l'Aquitaine, le Poitou, l'Aunis, la Saintonge et Calais. Jean le Bon est libéré contre une forte rançon; ne pouvant l'acquitter, il retourne en Angleterre, où il meurt presque aussitôt (1364).
Devenu roi, son fils Charles V (1364-1380), en exploitant les ambiguïtés du traité de Brétigny, va, aidé de du Guesclin, récupérer la plupart des possessions anglaises. Charles V sait s'entourer d'excellents conseillers et fortifie le pouvoir royal (fiscalité). L'année même de son avènement, du Guesclin remporte sur Charles le Mauvais la bataille de Cocherel, puis il débarrasse la France des Grandes Compagnies; par une suite d'opérations bien conduites, il s'empare de presque tout le Sud-Ouest ainsi que de la Bretagne. A la fin du règne de Charles V, les Anglais ne possèdent plus en France que Calais, Bordeaux et Bayonne. La vie reprend dans les campagnes françaises.

3) Guerre de Cent Ans (1380-1440).

Tout est compromis sous le règne de Charles VI (1380-1422). Les premières années du règne sont agitées par des révoltes populaires consécutives aux misères du temps. La folie du roi, survenue en 1392, livre le royaume à ses oncles avides et incapables, à son frère Louis d'Orléans et à la reine Isabeau de Bavière, une nymphomane. Les intrigues se multiplient, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, fait assassiner Louis d'Orléans en 1407 : ce meurtre est à l'origine de la guerre des Armagnacs et des Bourguignons qui va dévaster le royaume.
Les Bourguignons s'allient au roi d'Angleterre Henri V, qui bat à Azincourt les Armagnacs et les troupes royales (1415). Cependant, inquiet des progrès anglais, Jean sans Peur tente de se rapprocher du Dauphin. A l'entrevue du pont de Montereau, il est assassiné dans une rixe avec les gens du Dauphin (1419). Sa mort fait passer son hériter, Philippe le Bon, dans le camp anglais. Au traité de Troyes de 1420, Philippe le Bon, Henri V et Isabeau de Bavière s'entendent pour déposséder le Dauphin de ses droits. Le roi d'Angleterre épouse la fille de Charles VI, Catherine, et devient l'hériter du trône de France. Henri V meurt quelques mois avant Charles VI (1422).
Le jeune roi de France Charles Vil (1422-1461) ne possède donc à son avènement que quelques terres au sud de la Loire; le « petit roi » de Bourges semble bien faible en face du jeune Henri VI, dont l'oncle, le duc de Bedford, qui exerce la régence, renforce la puissance en battant les troupes françaises à Verneuil (1424) et en mettant le siège devant Orléans (1428), qui commande l'accès des possessions de Charles VII.
Jeanne d'Arc donne confiance à Charles VII et force les Anglais à lever le siège d'Orléans. Elle bat ensuite Talbot à Patay et va à Reims faire sacrer Charles VII (juill. 1429). Ni son échec devant Paris, ni sa captivité, ni son supplice par les Anglais à Rouen (1431) n'arrêtent l'impulsion donnée par elle.
Charles VII à la paix d'Arras (1435) se réconcilie avec le duc de Bourgogne, puis s'emploie à remettre de l'ordre dans le royaume. En 1438, par la pragmatique sanction de Bourges, il réorganise l'Eglise de France et affirme son indépendance vis-à-vis du pouvoir pontifical. Il met fin ensuite à une tentative de révolte des derniers grands féodaux, la « Praguerie ».
Mais la France, ravagée et dépeuplée, est à bout de souffle.

Dynastie

Roi Naissance / Mort Règne Epouse
Philippe VI de Valois 1293
22 août 1350
1328-1350 Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1348),
Blanche de Navarre (1330-1398)
Jean II le Bon 26 avril 1319
8 avril 1364
1350-1364 Bonne de Luxembourg( 1349),
Jeanne d'Auvergne (1326-1361)
Charles V le Sage 21 janvier 1338
16 septembre 1380
1364-1380 Jeanne de Bourbon (1337-1378)
Charles VI 3 décembre 1368
22 octobre 1422
1380-1422 Isabeau de Bavière (1371-1435)
Charles VII 22 février 1403
22 juillet 1461
1422-1461 Marie d'Anjou (1404-1463),
Louis XI 3 juillet 1423
30 août 1483
1461-1483 Marguerite d’Écosse (1424-1445),
Charlotte de Savoie (1445-1483)
Charles VIII 30 juin 1470
7 avril 1498
1483-1498 Anne de Bretagne (1477-1514)

 

VALOIS-ORLEANS

Louis XII, arrière-petit-fils de Charles V, cousin de Charles VIII, lui succéda. Il épousa la veuve du dernier roi, et acheva ainsi de rattacher la Bretagne à la couronne. Belliqueux comme Charles VIII, il envoya ses armées au delà des Alpes, conquit le duché de Milan en trois semaines, puis il s'entendit avec le roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique, pour s'emparer du royaume de Naples ; mais les Alliés ne purent s'entendre et entrèrent en guerre. Les Français perdirent presque toutes .leurs conquêtes.
Louis XII commit une faute en concluant à la demande de Jules II la Ligue de Cambrai contre les Vénitiens (1508). Il fut bientôt abandonné de ses alliés, qui formèrent contre lui la Sainte-Ligue ; et l'Italie fut perdue pour nous après la bataille de Novare. L'Angleterre entra en lutte contre la France.

Roi Naissance / Mort Règne Epouse
Louis XII le Père du Peuple 27 juin 1462
1er janvier 1515
1498-1515 Jeanne de Valois et Foix (1464-1505),
Anne de Bretagne (1477-1514)