Histoire de France

Les Mérovingiens.

En 428, sous Clodion le chevelu , les Francs s'avancèrent jusqu'à la Somme. Sous Mérovée, unis aux Gallo-Romains et aux Wisigoths, ils vainquirent Attila dans les champs Catalauniques, non loin de Troyes (451). Clovis, successeur de son père Childéric, battit les Romains à Soissons (486) et repoussa les Alamans non à Tolbiac (496) mais en Alsace ; il se convertit ensuite au christianisme, religion de sa femme Clotilde. Soutenu par les évêques, il attaqua les Burgondes et les Wisigoths, qui étaient ariens. Il battit les premiers près de Dijon (500), les seconds près de Vouillé (507), et régna sur presque toute la Gaule.

Les fils de Clovis se partagèrent son héritage ; en 558 Clotaire Ier refit l'unité ; mais il mourut en 561, et le royaume fut l'objet d'un nouveau partage.
Bientôt éclata une sanglante rivalité, entre l'Austrasie, où régnait Brunehaut, et la Neustrie, où dominait Frédégonde ; elle se termina, en 613, par le supplice de Brunehaut, ordonné par Clotaire II, fils de Frédégonde.
A la faveur de ces troubles, le pouvoir échappa peu à peu aux rois francs pour passer à leurs intendants ou maires du palais.

En 687, la longue rivalité de la Neustrie et de l'Austrasie, ravivée par Ebroïn et saint Léger, se termina, à Tertry (687), par le triomphe des Austrasiens. Dès lors, la dynastie mérovingienne, dont Dagobert et saint Eloi avaient un instant arrêté la décadence, fut représentée par des rois des rois fainéants, et finalement renversée par la famille austrasienne des pippinides, maires du palais. L'un d'eux, Charles Martel, avait repoussé près de Poitiers (732), l'invasion des Arabes. Fort de cette victoire éclatante, le fils de Charles-Martel, Pépin le Bref, soutenu par le clergé, déposa le Mérovingien Childéric III, et fonda la dynastie des Carolingiens (751).

version 2

Le nom de Mérovingiens, attribué aux souverains de la première dynastie nationale qui ait régné sur la France, de la fin du Ve siècle au milieu du VIIIe, vient de Mérovée, bien qu'avant lui (le légendaire Pharamond mis à part), on connaisse au moins son prédécesseur immédiat, Clodion, qui régna de 428 à 448 sur les Saliens établis au nord de la Somme. Toutefois, Mérovée (448-458) et son parent et successeur Childéric Ier (458-481) eurent peu de puissance. C'est seulement sous le règne de Clovis (481-511) que nous assistons à une réelle unification de la Gaule, devenue la France.
Dès lors est fondé l'Etat mérovingien auquel le baptême de Clovis a apporté l'appui de l'Eglise et qui assure sur le sol gaulois la fusion des antécédents romains et des apports germaniques. Nous distinguerons dans l'histoire des Mérovingiens, après Clovis, deux grandes périodes. La première, qui s'étend de la mort de Clovis (511) à la mort de Dagobert (639), nous fait assister aux rivalités meurtrières des rois de la famille mérovingienne qui s'affaiblissent mutuellement au profit de leur noblesse et de l'Eglise ; la seconde, qui s'étend de 639 à la mort de Thierry IV, en 741, est marquée par la décadence du pouvoir royal, aussi bien en Neustrie qu'en Austrasie, au profit des maires du palais, dont le plus puissant ceindra la couronne à son tour. Les événements les plus caractéristiques de ces deux périodes sont :
1° Tout d’abord, les partages successifs dont est l'objet la monarchie franque : un premier partage a lieu, aussitôt après la mort de Clovis (511), entre ses quatre fils. Thierry obtient le royaume de Metz, Clotaire le royaume de Soissons, Clodomir celui d'Orléans, Childebert celui de Paris. Un second suit la mort de Clotaire (561), qui, après l'extinction des trois autres branches, avait reconstitué l'unité franque; un troisième a lieu en 567, après la mort de Caribert, modifiant quelque peu le précédent, et donnant à Gontran le royaume d'Orléans, tandis que le nord de la Gaule se partage en Neustrie ou royaume de Soissons, donné à Chilpéric, et Austrasie ou royaume de Metz, donné à Sigebert. L'opposition entre les deux Etats détermine une lutte sans merci, dont le premier acte fut la rivalité entre Frédégonde, femme de Chilpéric, et Brunehaut, femme de Sigebert. Déjà se marque l'influence de l'aristocratie et de l'Eglise des deux Etats : ce sont les nobles d'Austrasie qui livrent Brunehaut, dont le despotisme les irrite, aux Neustriens (613) ; c'est l’aristocratie laïque et ecclésiastique qui, en 615, obtient de Clotaire II, seul roi après la mort de Brunehaut, la Constitution perpétuelle, qui reconnaît aux évêques, élus par leurs fidèles, un droit de juridiction temporelle, et fortifie le pouvoir des maires du palais. Le règne relativement brillant de Dagobert Ier (628-639) marque le dernier éclat de la maison de Clovis ;
2° Après la mort de Dagobert, un nouveau partage fait reparaître le dualisme entre la Neustrie, donnée à Clovis II, et l'Austrasie, donnée à Sigebert II ; l'Aquitaine, déjà attribuée à Caribert, restant en dehors du partage et s'isolant de plus en plus du royaume franc. Les rois mérovingiens, arrivant au pouvoir dès l'enfance, s'amollissent dans les plaisirs et deviennent les rois fainéants, tandis que s'accroît en face d'eux le pouvoir réel des maires du palais. Mais, tandis qu'en Neustrie, sous les règnes de Clotaire III et de ses successeurs, les maires du palais, de basse origine, luttent contre l'aristocratie (rivalité d'Ebroïn et de saint Léger) et affaiblissent leur pays par leur victoire même, en Austrasie, ils se font, avec Pépin d'Héristal, les chefs des grands, et, quand un nouveau conflit éclate entre les deux royaumes, en 680, c'est la Neustrie qui succombe finalement, avec Bertaire, à la bataille de Tertry (687).
Après cette date, la famille de Pépin, dont le maire Grimoald a fondé la puissance au-dessus des fantômes de rois, est véritablement maîtresse de l'empire franc, que ses victoires étendent vers le Nord. Finalement, en 751, Pépin le Bref, maire du palais, enferme Childéric III dans un cloître, et se proclame roi.
Mérovingiens d'Aquitaine.
Prétendus descendants de Caribert, fils de Clotaire II, qui auraient régné en Aquitaine d'après le faux célèbre de la charte d'Alaon.

MEROVINGIENS

1) Expansion

Unification des tribus franques par Clovis, roi des Francs Saliens (481-511). II conquiert la Gaule jusqu'aux Pyrénées.
A sa mort, formation de trois royaumes qui se combattent : l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne, et qui ne retrouvent un semblant d'unité que sous Clotaire ler de 558 à 561, Clotaire II de 613 à 629 et Dagobert Ier de 629 à 639.

2) Les rois "fainéants".

Perte de l'Aquitaine et de l'Armorique. L'aristocratie (notamment les maires du palais) s'affermit aux dépens du pouvoir royal.
687 : Pépin de Herstal devient le chef réel des trois royaumes.
715-741 : son fils Charles Martel est maire du palais des trois royaumes; il écrase les Sarrasins à Poitiers (25 octobre 732). II est assez fort pour ne pas donner de successeur au roi Thierri IV († 737). Pépin le Bref se débarrassera en 751 du dernier Mérovingien, Childeric III.

3) Institutions.

II n'y a pas d'Etat dans sa forme antique; le roi considère le royaume comme son patrimoine et dirige ses sujets comme un propriétaire ses paysans. Ses serviteurs constituent un embryon d'administration (maréchal, sénéchal, maire du palais); en province, le comte a les pouvoirs du roi (sauf la justice, rendue par les prud'hommes). Mais les évêques sont d'autres agents du pouvoir royal.

4) Structures sociales.

La tradition germanique fait de tout homme libre un guerrier, protégé par un wergeld supérieur; mais les plus riches propriétaires gallo-romains sont aussi astreints au service militaire.
Le personnel dirigeant, laïque ou ecclésiastique, sort généralement de l'aristocratie gallo-romaine ou franque; les deux aristocraties fusionnent par des mariages.

5) Civilisation.

La vie rurale reste dominante, la forêt recouvrant encore d'immenses espaces. Les grands domaines à la romaine constituent toujours la principale forme d'exploitation. Cependant, une classe de petits propriétaires, possesseurs de « manses » se développe sous l'influence germanique. Le monachisme, revigoré à la fin du VIe siècle par les Irlandais (Colomban, fondateur de Luxeuil, v. 590), puis par les Bénédictins, s'inscrit naturellement dans l'existence paysanne.
Les villes se maintiennent, mais elles perdent leur rôle administratif et commercial pour ne garder que le double caractère militaire et religieux.
La vie reste précaire par suite du manque d'hygiène, des épidémies et de l'insécurité chronique. Aussi les populations cherchent-elles des protecteurs : évêques, abbés, guerriers, saints et même encore quelques divinités païennes.
Si les monastères s'érigent en puissances économiques et foncières, ils deviennent aussi les foyers d'un art et d'une culture largement tournés vers l'extérieur.

Bibliographie

"Récit des temps mérovingiens", par Augustin Thierry. Une partie de ces récits parut d'abord dans la Revue des Deux Mondes, de 1833 à 1837, sous le titre de Nouvelles lettres sur l'histoire de France. Augustin Thierry donna comme préface à cet ouvrage une étude critique des théories d'anciens historiens : Adrien Valois, Boulainvilliers, l'abbé Dubos, Mably, etc., sur les origines de la France et de la monarchie française, plaçant, en regard de ces théories, les principes et le développement de l'école historique nouvelle. Cette préface porte le titre de Considérations sur l'histoire de France. L'ouvrage proprement dit comprend six Récits, qui ont trait à l'histoire des quatre fils de Clotaire Ier et particulièrement de Chilpéric. Fondés essentiellement sur les oeuvres de Grégoire de Tours et de Fortunat, les Récits conservent encore aujourd'hui une certaine valeur.

DYNASTIE

Voir liste des rois mérovingiens