Histoire de France

Seconde guerre mondiale.

De septembre 1939 à septembre 1945, le monde fait l'expérience d'une guerre «totale», menée par des pays consacrant toutes leurs ressources matérielles et humaines à l'anéantissement de leurs ennemis. Les combats s'étendent à presque tous les continents et l'ingéniosité humaine est mise au service de la production d'armes au pouvoir de destruction de plus en plus terrible. Au cours de six ans de conflit, plus de 50 millions de personnes ont trouvé la mort.

Le conflit débute en Europe, le Ier septembre 1939, quand l'Allemagne envahit la Pologne. La Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne deux jours plus tard. Le 17 septembre, en application de l'accord germano-soviétique, les unités soviétiques entrent en Pologne, afin de se joindre aux armées hitlériennes. La Pologne disparaît de la carte.

L'Europe et la Méditerranée

Guerre en Europe

Après une pause, qu'on a appelée la «drôle de guerre», Hitler se tourne vers l'ouest. Au début d'avril 1940, l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège, puis, le 10 mai, suivant la tactique de la Blitzkrieg (la guerre éclair), elle envahit les Pays-Bas, la Belgique et la France, utilisant les bombardiers en piqué et des unités blindées rapides. Pris comme dans une nasse à Dunkerque, les Britanniques embarquent leurs troupes, laissant les 300 000 soldats français sur place. Le 22 juin, la France capitule, le nord du pays est occupé et le gouvernement est transféré à Vichy.
La Grande-Bretagne se retrouve désormais seule face à l'Allemagne, comme assiégée. Depuis le mois de septembre 1939, les Allemands avaient engagé une campagne navale contre la marine marchande britannique et les sous-marins allemands commençaient à obtenir des résultats. Après Dunkerque, cette menace se doubla d'une offensive aérienne sur la Grande-Bretagne qui déboucha, pendant l'été 1940, sur la «bataille d'Angleterre». La RAF infligea sa première défaite à la Luftwaffe, qui fut réduite à organiser des raids de terreur jusqu'en mai 1941.
Les combats ne se limitaient pas à l'Europe. Le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à la France, et profite de leur faiblesse pour s'emparer de la Somalie et envahir l'Égypte. Mais ces attaques échouent et, lors d'une contre-offensive, les Britanniques s'emparent de l'Abyssinie (Éthiopie) et de l'est de la Libye. Cette action déclenche une riposte allemande afin d'éviter une humiliation à l'Italie.
En Afrique du Nord, le général Erwin Rommel (1891-1944) repousse les Anglais jusqu'à la frontière égyptienne, tandis que, en Méditerranée Malte subit les assauts aériens de la Luftwaffe. Dans les Balkans, où une nouvelle opération italienne se solde par un désastre, en Grèce cette fois, les Allemands envahissent la Yougoslavie, la Grèce et la Crète en avril-mai 1941.

La guerre s'étend au monde

La guerre prend une nouvelle dimension, le 22 juin 1941, quand les troupes hitlériennes attaquent l'URSS. Les blindés allemands s'enfoncent profondément en Russie. Mais Hitler hésite sur les objectifs, dirigeant d'abord ses troupes vers le nord, puis vers le sud. Ce n'est qu'en octobre qu'il lance une grande offensive en direction de Moscou. Tandis que les unités de l'armée allemande approchent de la ville, l'hiver s'installe, ce qui permet aux Russes de récupérer. En décembre, ils passent à la contre-attaque et obligent les Allemands à se replier sur leurs positions pour l'hiver.
En décembre, la guerre a gagné le Pacifique avec, le 7 décembre, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, la base de la flotte américaine du Pacifique. Au cours des semaines suivantes, les forces japonaises s'emparent des Philippines, de la Malaisie, de Hongkong et des Indes néerlandaises. En mai 1942, elles menacent même l'Australie.
La victoire des puissances de l'Axe, l'Italie, l'Allemagne et le Japon, provoque la reconstitution d'une alliance, comprenant la Grande-Bretagne, les États Unis et l'URSS ainsi que les forces françaises dirigées par le général de Gaulle qui, réfugié à Londres depuis mai 1940 réussit à force de ténacité à faire reconnaître la France libre comme membre de l'alliance.
La coopération entre les trois principaux alliés ne fut pas toujours facile, mai une suite d'entretiens, initialement entre Churchill, le Premier ministre britannique, et Roosevelt, le président américain, mit progressivement en place une stratégie d'ensemble devant amener la défaite de l'Axe, sur la base d'une reddition sans conditions.

Le vent tourne en Afrique

La priorité des priorités est la défaite de l'Allemagne. La préférence des Américains allait à un débarquement sur les côtes de la Manche, ce qui n'était pas l'avis des Anglais. Début 1942, il fallait encore «nettoyer» l'Afrique du Nord, où se réfugiaient les sous-marins allemands qui attaquaient la flotte alliée dans l'Atlantique. Churchill persuada alors les Américains de concentrer, dans un premier temps, leurs attaques sur ces deux zones, conjointement au bombardement des villes allemandes.
Début 1943, la nouvelle tactique a porté ses fruits. En Afrique du Nord, les forces britanniques, commandées par le général Montgomery (1887-1976), ont déjà renversé la situation à El-Alamein, en octobre 1942. Les forces anglo-américaines envahissent simultanément l'Afrique du Nord française et, malgré la furieuse résistance des armées de l'Axe pour garder la Tunisie, elles remportent la victoire en mai 1943.
Les Américains demandent à nouveau une attaque par la Manche, mais, une fois de plus, la priorité est donnée aux opérations en Méditerranée. En juillet 1943, les forces alliées envahissent la Sicile et, en septembre, le sud de l'Italie. Mussolini est renversé, les Italiens se rendent, mais les unités allemandes foncent vers le sud pour colmater la brèche.
L'avance alliée est bloquée dans les montagnes au sud de Rome, autour de Monte Cassino. Malgré un débarquement amphibie à Anzio, en janvier 1944, Cassino ne tombe qu'en mai et Rome n'est libérée que le 4 juin.

La défaite de l'Allemagne

Les forces alliées stationnées en Grande-Bretagne traversent la Manche le 6 juin 1944, sous le commandement du général Dwight D. Eisenhower (1890-1969), et établissent des têtes de pont sur la côte normande. À la fin du mois d'août, Paris est libéré, épisode au cours duquel s'illustre la résistance française. Le sud de la France l'est aussi grâce à un nouveau débarquement en Provence. L'Allemagne est désormais encerclée mais résiste toujours.
Entre-temps, les Soviétiques, sous le commandement du maréchal Georgi Joukov (1896-1974), s'avancent vers l'ouest après avoir stoppé l'offensive allemande à Stalingrad (aujourd'hui St Petersburg) en février 1943. En juillet, les Soviétiques remportent la plus grande bataille de blindés de la guerre à Koursk: En 1944, une série d'attaques coordonnées, menées le long du front est,' chasse les Allemands de l'Ukraine au sud et les repousse jusqu'aux portes de Varsovie. À cette occasion, l'Armée rouge laisse les Allemands réprimer la révolte du ghetto de Varsovie.
Leningrad, assiégé par les Allemands depuis 1941, est libéré en janvier 1944 au prix de la perte, du côté russe, d'un million d'hommes. À cette date, le territoire russe est totalement libéré. La fin approche pour l'Allemagne, d'autant que ses villes sont systématiquement bombardées par les escadrilles de bombardiers anglo-américains.
La contre-offensive allemande dans les Ardennes en décembre 1944 ne parvient pas à renverser la situation. À l'est, les Russes s'approchent de Berlin et, à l'ouest, les Alliés traversent le Rhin et atteignent l'Elbe ; en Italie, les Allemands sont refoulés au-delà des Alpes. Hitler se suicide à la fin du mois d'avril 1945 et Berlin tombe aux mains des Soviétiques début mai. Le 8, l'Allemagne capitule sans conditions.

La défaite du Japon

Guerre dans le Pacifique

Les victoires successives du Japon s'achèvent lors de la bataille de Midway, en juin 1942. Les Américains entament une guerre de reconquête, île par île, sous la direction du général Douglas Mac Arthur (1880-1964) et de l'amiral William Nimitz (1885-1966). Après avoir reconquis les îles Salomon et la Nouvelle-Guinée à la fin de 1943, Mac Arthur prépare la libération des Philippines.
Au début de 1944, Nimitz s'empare des îles Marshall et des îles Mariannes, tandis que Mac Arthur, de son côté, envahit Luzon en octobre et remporte la bataille navale de Leyte. Ces deux victoires accroissent la pression des États-Unis dont les avions commencent à bombarder le Japon à partir des îles Mariannes. Entre-temps, Iwo Jima a été prise et Okinawa envahie.

Au fur et à mesure que les troupes américaines se rapprochent du Japon, la résistance japonaise devient de plus en plus acharnée. Le nouveau président des États-Unis, Harry Truman, autorise l'utilisation de la bombe atomique, récemment mise au point, à Hiroshima (le 6 août) et à Nagasaki (le 9 août), ce qui brise la détermination japonaise.
La guerre du Pacifique prend fin le 14 août, la reddition n'étant signée que le 2 septembre. C'est la fin de six ans de guerre.