Histoire de France

1ère guerre mondiale.

En 1914, l'Europe est divisée en deux systèmes d'alliances militaires issues de rivalités politiques, économiques et territoriales. D'un côté se trouvent les empires centraux, avec l'Allemagne, récemment unifiée, et l'Autriche-Hongrie, qui sont alliées depuis 1879. De l'autre figure l'alliance entre la France et la Russie qui a été signée en 1893. Au début du siècle, la Grande-Bretagne, qui tenait à rester à l'écart d'alliances contraignantes, s'inquiète du développement industriel de l'Allemagne, de l'accroissement de sa flotte et de ses ambitions coloniales. Ce sont ces raisons qui l'incitent à s'allier à la France, en 1904.

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, hériter du trône d'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo par un jeune nationaliste bosniaque. Les Autrichiens, soutenus par les Allemands, accusent la Serbie d'avoir commandité l'attentat et lui lancent un ultimatum. Les Serbes appellent à l'aide la Russie, qui commence à mobiliser.
Après un mois de crise, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1e` août et à la France le 3. Elle applique le plan Schlieffen, qui prévoit l'élimination de la France, alliée de la Russie, avant que celle-ci n'ait fini de mobiliser, afin d'éviter une guerre sur deux fronts. Aussi les Allemands violent-ils la neutralité de la Belgique. La Grande-Bretagne, garante de l'indépendance belge, est contrainte de déclarer la guerre à l'Allemagne.
La situation est claire dès le 4 août. D'un côté les Alliés  (France, Grande-Bretagne et Russie), de l'autre les puissances centrales (Allemagne et Autriche-Hongrie). L'Europe plonge dans un long conflit de plus de quatre ans, qui fera plus de 8 millions de morts.

La guerre sera longue

Contrairement à toutes les attentes, la guerre s'enlise vite. La France, résolue à récupérer l'Alsace-Lorraine perdue en 1870, déclenche une importante offensive sur Metz le 14 août, avec pour seul résultat des pertes énormes. Pendant ce temps, les Allemands sont entrés en Belgique, avec pour objectif de prendre Paris dans un vaste mouvement tournant.
Mais les Allemands, ayant un long chemin à parcourir, perdent leur élan dans la chaleur torride de l'été. Cela permet aux Français de rassembler une nouvelle armée pour défendre Paris, de contre-attaquer sur la Marne, au début de septembre, et de faire reculer les Allemands. Les deux armées s'enterrent dans des tranchées et, au mois d'octobre, le front va de la Manche à la frontière suisse.
Déjà les Allemands sont forcés de détourner des armées vers l'est. En août, les Russes ont lancé une attaque massive contre la Prusse orientale mais ont été vaincus, au cours d'une série de batailles autour de Tannenberg. Ils réussissent mieux plus tard au sud, où ils repoussent les Autrichiens en Galicie, rendant nécessaire l'envoi de renforts allemands pour éviter la défaite. À la Noël de 1914, la guerre sur deux fronts est devenue une réalité pour l'Allemagne.

Le cauchemar des tranchées

Sur le front ouest, la guerre devient un cauchemar à la suite du passage de la guerre de mouvement à la guerre de position. Les armées s'enterrent dans des réseaux de tranchées âprement défendus à la moindre attaque. Les assaillants doivent avancer dans la boue, passer les fils de fer barbelés et échapper au feu nourri des mitrailleuses et de l'artillerie.
En 1915, au fur et à mesure de l'augmentation alarmante des pertes, la guerre change de nature. Les principaux belligérants lèvent des armées considérables et mobilisent leur industrie pour qu'elle produise de nouveaux armements. Mais aucun d'entre eux ne réussit à prendre un avantage décisif. Aussi les deux camps cherchent-ils de nouveaux alliés.

Le renforcement des camps

En octobre 1914, la Turquie prend parti pour l'Allemagne. En mai 1915, l'Italie, à la suite des promesses territoriales faites par les Alliés aux dépens de l'Autriche-Hongrie, s'engage auprès d'eux.
Au milieu de l'année 1915, les Allemands repoussent les Russes à travers la Pologne, mettant fin à la pression exercée sur leur frontière orientale et, en octobre, la Bulgarie rejoint les puissances centrales. Ce n'est qu'en Serbie qu'a lieu une campagne décisive : en décembre 1915, le pays est conquis par les puissances centrales.
En février 1916, les Allemands attaquent massivement sur la Meuse, autour de Verdun. Les Français doivent faire appel à toutes leurs réserves et, en décembre, les combats ont fait près de 700 000 victimes de chaque côté. Le 1er juillet, les Britanniques tentent de forcer le passage de la Somme, perdant 57 000 soldats en quelques heures; en novembre, leurs pertes atteignent le chiffre de 460 000 hommes.
Sur le front est, la situation est pire : en juin, une offensive russe dans les Carpates se solde au bout de trois mois par la perte d'un million d'hommes. L'armée russe a frôlé l'anéantissement.
En 1917, les Alliés accumulent les revers : mutineries, offensives sans succès en Champagne au mois d'avril, en Flandre en juillet. Sur le front austro-italien, les Italiens subissent une cuisante défaite à Caporetto.

Les alternatives à la guerre de position

Dans ces circonstances, on étudie des alternatives à la guerre d'usure. Le conflit devient mondial avec l'engagement des colonies. Dès 1914, les colonies africaines allemandes sont prises par les Franco-anglais.
En se portant au contact des troupes ottomanes, les Alliés cherchent à briser celui qui leur paraît le plus faible des trois empires. La défaite de la Turquie aurait en effet découvert le flanc sud des puissances centrales. En avril 1915, un débarquement est organisé dans le détroit des Dardanelles afin de prendre Istanbul. L'offensive échoue, coûtant la vie à 265 000 soldats.
Sur tous les fronts, l'arme aérienne, qui en est à ses balbutiements, est engagée. Les dirigeables et les avions opèrent les premiers bombardements, et les populations civiles ne sont pas épargnées. Sur mer, les batailles sont plus rares; le seul engagement naval d'envergure entre Britanniques et Allemands, au Jutland en mai 1916, ne modifie pas l'équilibre des forces.
La guerre navale consiste plutôt dans la tentative faite par l'Allemagne de desserrer le blocus que les Alliés essaient de lui imposer. Les attaques des sous-marins allemands causent des pertes importantes à la Grande-Bretagne. En 1917, la déclaration de guerre allemande contre tous les bateaux suspectés de commercer avec les Alliés accélère l'entrée en guerre des États-Unis.
Fin 1918, le blocus a provoqué en Allemagne des pénuries et créé un malaise social, malgré la conquête la même année, par les puissances centrales, de l'Ukraine et de ses richesses. Les raids aériens sur Londres et Paris par des escadrilles de gothas, qui ont remplacé les zeppelins, ne parviennent pas à renverser le cours de la guerre. En définitive, les victoires terrestres vont être décisives ; de nouvelles armes et tactiques sont élaborées pour en finir avec la guerre des tranchées.

Nouvelles armes, nouvelles tactiques

En 1915, les Allemands emploient des gaz asphyxiants à Ypres. Spectaculaire et terrifiante, cette offensive n'aboutit pas à des résultats majeurs. En 1916, les Britanniques utilisent pour la première fois, sur la Somme, des tanks pour percer les barrières de fils de fer barbelés. Il faut toutefois attendre novembre 1917, à Cambrai, pour s'apercevoir du potentiel offensif des tanks. À la fin de l'année 1917, les éléments d'une victoire tactique sont en place.

La victoire alliée

À la fin de 1917, l'Allemagne peut encore espérer vaincre. La Russie, prise dans la tourmente révolutionnaire, signe l'armistice avec l'Allemagne (décembre 1917) avant de conclure un traité de paix (mars 1918). Les Allemands peuvent concentrer toutes leurs forces à l'ouest, pour tenter une offensive majeure contre les Français et les Britanniques, avant que les troupes américaines n'arrivent en très grand nombre en Europe.

Après quelques succès allemands en mars, les Alliés, à leur tour, lancent en avril une offensive qui stoppe l'avance ennemie. En août, ils la poursuivent en utilisant des chars, appuyés par des raids aériens et les premières divisions américaines récemment arrivées.
Ailleurs, les puissances centrales commencent à s'effondrer, d'abord au Moyen-Orient puis en Italie, où les Autrichiens sont battus à Vittorio Veneto et forcés de capituler. En novembre, les Allemands sont isolés. Confronté à la chute de popularité du gouvernement, à la propagation du communisme, à des mutineries dans la marine et à l'encerclement du pays par les Alliés, l'empereur Guillaume II s'enfuit en Hollande.
Un armistice est préparé et, le 11 novembre 1918 à 11 h du matin, les armes se taisent pour la première fois depuis plus de quatre ans.