Histoire de France

Louis XVI

Louis XVI, né à Versailles en 1754, mort guillotiné à Paris en 1793. Il était fils du dauphin Louis et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe. Il monta sur le trône à la mort de son grand-père Louis XV.


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Au physique, il avait un corps lourd ; au moral, timide, consciencieux, d'une intelligence moyenne, ne s'intéressant guère qu'à la politique extérieure. Ses bonnes intentions, qui furent contrecarrées par son absence de volonté. Sa faiblesse fut très grande. La reine Marie-Antoinette et du comte d'Artois eurent sur lui une déplorable influence. Populaire au début de son règne, il ne sut point imposer les réformes nécessaires et soutenir les ministres honnêtes et intelligents comme Turgot et Malesherbes. Très pieux, il se laissa impressionner par les critiques des gens d'église, de la cour, des privilégiés. En 1776 il laissa partir Turgot qui avait supprimé les corvées, qui ne pesaient que sur les paysans, les remplaçant par un impôt proportionnel aux vingtièmes que payaient les privilégiés eux-mêmes ; qui avait aboli les jurandes et les corporations, qui avait favorisé la libre circulation des grains (1776). Necker, appelé après lui à la direction des finances, fut obligé de faire face aux besoins de la guerre d'Amérique ; il profita de son crédit personnel pour emprunter, sans créer d'impôts nouveaux, mais il contribua ainsi, malgré la loyauté de ses intentions, à accroître la crise qui rendra inévitable la convocation des états généraux. En 1781, il publia son célèbre compte rendu, qui, pour la première fois, plaçait sous les yeux de la France la situation financière, et il fut disgracié. Ses successeurs, Joly de Fleury, d'Ormesson, Calonne, ne cessèrent d'emprunter ; mais, quand le crédit fut épuisé, Calonne se décida à convoquer l'assemblée des notables pour lui proposer des réformes financières (1787). L'assemblée des notables exigea le renvoi de ce ministre, et son successeur, Brienne, dut promettre la convocation des états généraux, seuls compétents pour créer les impôts nouveaux que sollicitait le gouvernement. Malgré la crise au milieu de laquelle se débat le pouvoir depuis 1774, l'agriculture, l'industrie, le commerce avaient fait de réels progrès sous Louis XVI; il y a comme un souffle nouveau qui anime toutes les branches de l'administration et qui est la conséquence des idées que les philosophes et le économistes n'ont cessé de prêcher pendant tout le XVIIIe siècle. Louis XVI lui-même favorisa le mouvement et il rendit aux protestants leur état civil (édit de 1787) De plus, la guerre d'Amérique (1778-1783), pendant laquelle l'Angleterre fut contrebattue par l'alliance espagnole donne un regain de gloire à la vieille monarchie. Le traité de Versailles rend à la France le Sénégal, Tabago, Sainte-Lucie, et la diplomatie française, dirige par Vergennes, reprend une grande influence en Europe Louis XVI et Vergennes se défiaient du piège de l'emprise autrichienne et travaillaient à la pacification de l'Europe par la paix de Teschen qui réglait en 1779 la question de la succession bavaroise. Vergennes, selon l'historien Albert Sorel, était « le plus sage ministre que la France eût rencontré depuis longtemps, et le plus habile qui se trouvât aux affaires en Europe »
La réunion des états généraux (5 mai 1789), qui n’avaient pas été réunis depuis 1614, inaugura la seconde phase du règne de Louis XVI : c'est déjà la monarchie constitutionnelle. Imbu des idées absolutistes, médiocrement conseillé par Necker, qu'il a rappelé aux affaires (1788), subissant toujours l'influence de la reine, sans prestige personnel, Louis XVI va commettre une série de fautes qui rendront la catastrophe inévitable. Le Tiers Etat, qui a obtenu une représentation double, demande le vote par tête qui en est la conséquence logique. Sur le refus du roi, il se proclame assemblée nationale (17 juin 1789) et il fait le serment du Jeu de paume (20 juin). Le roi ordonne enfin la réunion des trois ordres, mais déjà l'agitation est partout, à Paris et dans les provinces. La Bastille est prise par le peuple de Paris (14 juillet). L'Assemblée abolit les privilèges féodaux (nuit du 4 août), elle accompagna le roi à Paris (journées des 5 et 6 octobre) et se hâta de préparer une Constitution. Le roi doit désormais gouverner avec les représentants de la nation. Louis XVI ne subit pas sans protester ce qu'il considère comme une atteinte à ses prérogatives.
Il chercha un appui à prix d'argent parmi certains membres de l'Assemblée, dont Mirabeau.
Il fut en correspondance avec les Emigrés, avec les souverains étrangers dont il sollicita l'intervention ; il s'indigna surtout de la constitution civile du clergé, et il se décida à quitter Paris, pour faire appel à son armée et opérer la contre-révolution (20 juin 1791). Arrêté à Varennes, il est ramené à Paris où son impopularité grandit, et il dut prêter serment de fidélité à la Constitution (septembre 1791). Sous l'Assemblé législative (ier octobre 1791-21 septembre 1792), la scission entre le roi et la nation ne fait que s'accentuer. La guerre éclate en avril 1792, guerre dans laquelle la cour a sa responsabilité avec divers partis politiques de l'Assemblée, mais les succès des armées austro-prussienne et surtout le manifeste de Brunswick (25 juillet), qui menace de livrer Parie à une subversion totale, ne font que surexciter les passions. Louis XVI montra encore une certaine énergie lorsqu'il refusa de sanctionner le décret contre les prêtres insermentés (journée du 20 juin 1792) mais, le 10 août, les Tuileries furent envahies, et Louis XVI qui a dû se réfugier au sein de l'Assemblée, fut enfermé au Temple avec sa famille ; il n'en sortira que pour comparaitre devant la Convention nationale et pour monter sur l'échafaud. Accusé de trahison, il fut défendu par Tronchet, Malesherbes et De Sèze, et condamné à mort par 387 voix contre 334. Le sursis et l'appel à la ratification populaire furent repoussés. Il fut exécuté le 21 janvier 1793. Il laissait de Marie-Antoinette d'Autriche deux enfants : le dauphin Louis, qui mourut au Temple, et Marie-Thérèse-Charlotte de France, qui épousa son cousin le duc d'Angoulême.

 

❖ Filiation

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Epouse* / concubine Enfants
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