Histoire de France

LOUIS XII


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Louis XII, roi de France, né à Blois en 1462, mort en 1515. Il était arrière-petit-fils de Charles V, fils du prince-poète Charles d'Orléans et de Marie de Clèves, et petit-fils de Louis d'Orléans, frère de Charles VI, et de Valentine Visconti. Il avait été élevé avec dureté par
Louis XI, qui lui avait fait épouser de force sa fille Jeanne, contrefaite et maladive. A l'avènement de Charles VIII (1483), Louis d'Orléans, premier prince du sang, se jeta dans la révolte des grands feudataires, appelée la Guerre folle, mais il fut fait prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier (1488). Gracié en 1491 par Charles VIII, il suivit le roi en Italie. Assiégé devant Novare par Ludovic le More, il fut obligé de céder la ville. Charles VIII, en mourant (1498), ne laissait pas d'enfants. L'hériter naturel du trône était son cousin Louis d'Orléans, qui conserva les anciens conseillers de Charles VIII, et appela auprès de lui l'archevêque de Rouen, Georges d'Amboise. Ce fut un roi chétif et souvent malade, qui ne manquait point de qualités morales, qui avait le souci du bien public, dont la vie privée fut respectable, à intelligence moyenne, influencé par un entourage à la fois instable et entêté. Louis XII, craignant que la Bretagne n'échappât à la domination française, obtint du pape Alexandre VI une décision déclarant nul son mariage avec Jeanne et épousa Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII. Par sa grand-mère Valentine Visconti, Louis XII avait des droits sur le Milanais. Il organisa une expédition pour les faire valoir (1499-1500). Il envahit et conquit le Milanais. Sa seconde expédition en Italie fut dirigée contre le royaume de Naples. Il s'assura de l'appui des Florentins et fit un traité secret de partage avec le roi d'Espagne, Ferdinand d'Aragon (traité de Grenade, nov. 1500). Après la conquête, les Français durent lutter contre leurs propres alliés et contre Gonzalve de Cordoue. L'armée française se réfugia à Gaète, et dut bientôt capituler (100 janv. 1504).
A la suite de ces revers, Louis XII signa les traités de Blois, par lesquels la France abandonnait Naples à l'Espagne. Ces traités stipulaient un projet de mariage entre Claude, fille de Louis XII, et l'archiduc Charles d'Autriche. Mais le roi réunit les états généraux à Tours pour faire sanctionner la rupture des traités. Claude de France fut fiancée à François d'Angoulême, hériter présomptif.
Une révolte des Génois (1507) fournit à Louis XII une nouvelle occasion d'intervenir en Italie. Gênes dut se rendre. Le pape Jules II, voulant reconquérir sur les Vénitiens des villes ayant appartenu au Saint-Siège, forma contre eux la Ligue de Cambrai, composée de Louis XII, du roi d'Aragon, de l'empereur Maximilien, des ducs de Ferrare et de Savoie (1508). Louis XII remporta sur les Vénitiens une victoire décisive mais stérile à Agnadel (1509). Jules II, après s'être servi des Français, résolut de les chasser d'Italie. Tandis que Bayard battait le pape à La Bastide, Louis XII convoquait un concile à Pise pour faire déposer Jules II (1511). Le pape organisa alors contre la France la Sainte-Ligue, dans laquelle entrèrent le roi d'Espagne, Venise, les Suisses et Henri VIII, roi d'Angleterre. Les Français, commandés par Gaston de Foi; remportèrent sur les Espagnols une brillante victoire à Ravenne (1512). Mais, malgré les efforts de La Palice, l'armée française fut écrasée à Novare (1513), et l'Italie définitivement perdue. Pendant ce temps, Henri VIII et Maximilien faisaient subir un échec aux Français à Guinegate. Le pape Léon X, successeur de Jules II, traita avec Louis XII, et celui-ci signa avec Henri VIII le traité de Londres (1514). A la suite de ce traité, Louis XII, qui venait de perdre Anne de Bretagne, épousa la princesse Marie d'Angleterre. Il mourut trois mois après ce mariage, ne laissant que deux filles : Claude, mariée à François d'Angoulême, et Renée, qui devint duchesse de Ferrare.
A l'intérieur, le grand mérite de Louis XII a été d'installer définitivement et sans violences le pouvoir monarchique. Son économie et la réduction des tailles le rendirent populaire auprès de la bourgeoisie. Il améliora la justice, et révisa les coutumes, d'où le titre de Père du Peuple, qui lui fut donné par les états de 1506. Les luttes des favoris : cardinal d'Amboise, maréchal de Gié, n'impressionnèrent pas l'opinion publique. L'industrie et le commerce, les lettres et les arts furent protégés. Sous son règne commença la Renaissance française. Les érudits et littérateurs de l'étranger furent sollicités de venir en notre pays. A Louis XII, son cousin et gendre François I., succéda.
Iconographie
Le Louvre possède une demi-figure en albâtre, provenant du château de Gaillon, et qui représente Louis XII portant le collier de l'ordre de Saint-Michel et une cuirasse sur laquelle est ciselée une bataille. Ce portrait fut exécuté, en 1508, par le Milanais Lorenzo de Mugiano. La tête, qui avait été brisée en 1793, a été refaite par Beauvallet. Les Juste avaient représenté Louis XII en priant et gisant, pour le tombeau de Saint-Denis (1516-1532).
Tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne,  chef-d'oeuvre des frères Juste dans l'église de Saint-Denis, une des plus admirables productions de la Renaissance française. Commandé par François Ire, commencé dès la mort du roi (1615), il ne fut achevé qu'en 1531, date à laquelle Jean Juste envoie les marbres de Tours à Paris, par eau. Le tombeau a la forme d'un édicule percé de quatre arcades sur les grands côtés et de deux sur les petits. Sur le couvercle du sarcophage, le roi et la reine sont représentés nus et en état de mort ; au-dessus de la voûte, sur la plate-forme du tombeau, ils sont vêtus, agenouillés et priant. Le soubassement du mausolée est décoré de bas-reliefs, représentant, entre autres sujets : l'entrée de Louis XII à Milan, le passage des montagnes de Gênes, et la bataille d'Agnadel.

❖ Filiation

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Epouse* / concubine Enfants
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