Histoire de France

HENRI III

HENRI III, roi de France, troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, né à Fontainebleau en 1551, assassiné à Saint-Cloud en 1589. Il était le favori de sa mère, qui profita de la mort du connétable de Montmorency en 1567 pour lui faire donner, avec le titre de lieutenant général du royaume, le commandement général des armées françaises. Les victoires de Jarnac et de Moncontour (1569) donnèrent un grand lustre au duc d'Anjou (c'était le titre que portait alors le prince). Ces victoires, plutôt dues aux talents de son coadjuteur le maréchal de Tavannes, lui valurent en grande partie, le 9 mai 1573, d'être choisi par les Polonais pour succéder à leur roi Sigismond-Auguste, le dernier des Jagellons, mort sans hériter mâle. A la nouvelle de la mort de son frère Charles IX, il s'enfuit précipitamment de Pologne, emportant seulement les diamants de la couronne. Mais à Paris, il se montra au-dessous de son rôle, difficile d'ailleurs dans la mêlée des factions.
Il était grand, mince, distingué, efféminé, et gouverné par ses mignons, Epernon et Joyeuse en particulier : il apparaissait en public fardé comme une femme, et paré de bijoux. Il fut vite déconsidéré. Sa mère Catherine de Médicis eut sur lui une néfaste influence. Il commença par entrer en lutte contre les protestants, desquels il se défiait, ayant jadis participé aux origines de la Saint-Barthélemy, et contre les Politiques. L'attitude louche de son frère le duc d'Alençon compliqua la situation. L'édit de Beaulieu, en 1576, donna satisfaction aux protestants et Politiques. Mais les Guises et les catholiques furent mécontents. En 1576 Henri III crut habile de se mettre à la tête de la Ligue. Il négocia péniblement en 1577 avec les états de Blois, auxquels il demandait des subsides. La lutte reprit avec les protestants et avec Henri de Navarre jusqu'en 1580. Aux Pays-Bas, de maladroits efforts échouèrent contre l'Espagne. A l'intérieur, les résultats obtenus furent médiocres, malgré une légiférationabondante, et les impôts pesèrent lourdement sur le peuple. Les mécontents prirent l'initiative de la Ligue de 1585, oeuvre des Guises, de la bourgeoisie, du peuple parisien, et appuyée par l'Espagne. Pour lui complaire, Henri III recommença la lutte contre les protestants. Il fut débordé par la Ligue et la popularité d'Henri de Guise, vainqueur des huguenots et prêt à détrôner le roi légitime. En 1588, une insurrection formidable, fomentée de longue main, éclata à Paris. Sans une prompte fuite, Henri III aurait été certainement détrôné ce jour-là. Presque tout le monde était contre lui. Il ne put même résister au courant qui réclamait la convocation des états généraux. Il les convoqua à Blois. Menacé dans sa dignité, il prit, sous la pression des circonstances, une décision terrible : le 23 décembre 1588, ses affidés assassinèrent le duc de Guise. La Ligue prit dès lors un caractère révolutionnaire. Henri III n'eut d'autre ressource que de s'allier avec Henri de Navarre. L'entente fut consommée à Tours dans une entrevue entre Henri III et le futur Henri IV, qui fut reconnu, malgré la différence de religion, hériter présomptif de la couronne de France. Il ne devait pas attendre longtemps l'héritage; le siège ayant été mis devant Paris, un moine jacobin, Jacques Clément, pénétra jusqu'à Henri III, et le perça d'un coup mortel. Il avait épousé Louise de Vaudémont, de la maison de Lorraine, qui ne lui donna pas d'enfants. Avec lui s'éteignit la branche de Valois.

ICONOGRAPHIE

Henri III reçu par Federico Contarini à l'entrée de la villa de Mira, vaste et superbe fresque de Tiepolo (aujourd. au musée Jacquemart-André, à Paris), où l'artiste a commémoré le passage à Venise d'Henri III revenant de Pologne en 1574, Henri HI et le duc de Guise, se rencontrant au pied du grand escalier du château de Blois, le 22 décembre 1588, veille de l'assassinat du duc, tableau de P.-C. Comte, exposé au Salon de 1855.

❖ Filiation

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Epouse* / concubine Enfants
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