Histoire de France

FRANÇOIS Ier

Roi de France, né à Cognac en 1494, mort à Rambouillet en 1547. Il était fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie qui prit soin de son éducation et fut longtemps sa conseillère. En 1515, il succéda à son cousin Louis XII qui n'avait pas d'enfant mâle, et dont il avait épousé la fille, Claude de France.

Dès son avènement, il résolut de reconquérir le Milanais sur Maximilien Sforza. Il descendit en Italie, battit les Suisses au service du duc de Milan à la sanglante bataille de Marignan (1515) et entra triomphalement dans Milan. Cette brillante conquête fut suivie de plusieurs traités. Le pape Léon X abandonna, par le traité de Viterbe, Parme et Plaisance à la France, et signa le Concordat de 1516 qui assujettissait l'Eglise de France au roi, et lui attribuait la mort de l'empereur Maximilien (1519), François Ier signait avec les Cantons suisses la Paix perpétuelle (1516), et le traité de Noyon avec le roi d'Espagne. Les guerres d'Italie proprement dites terminées, allait commencer la rivalité de François Ier et du futur Charles-Quint, la France luttant pour rétablir l'équilibre européen. François Ier eut le mérite de comprendre le danger que faisait courir à la France l'extension de la maison d'Autriche. A la mort de l'empereur Maximilien (1519), François Ier brigua, en vain, la couronne impériale. Charles d'Autriche, petit-fils de Maximilien, fut élu empereur. François Ier rechercha l'alliance du roi d'Angleterre Henry VIII. Les deux souverains se rencontrèrent au Camp du drap d'or (1520). Cette entrevue n'eut aucun résultat ; néanmoins, François Ier engagea les hostilités en soutenant le roi de Navarre. Les Impériaux vinrent assiéger Mézières ; Bayard les força à lever le siège. Mais Lautrec, lieutenant de François Ier en Italie, fut battu à La Bicoque (1522). Le roi de France s'apprêtait à franchir les Alpes, lorsque la trahison du connétable de Bourbon le retint en France. Bourbon mit le siège devant Marseille ; il fut repoussé. François Ier essaya alors de reconquérir le Milanais. Il s'empara de Milan, mais il fut vaincu et fait prisonnier devant Pavie (1525). Le soir de la bataille, il écrivit à sa mère : «Pour vous faire savoir quelle est mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. » François Ier fut conduit à Madrid, où sa sœur Marguerite d'Angoulême, qui avait pour lui une vive affection, vint le visiter. On parvint à lui arracher le traité de Madrid (1526), par lequel il abandonnait à Charles-Quint la Bourgogne, renonçait à ses droits de suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et à ses prétentions sur Naples, Gênes et Milan. Mais il protesta ensuite que sa signature avait été obtenue par contrainte, et bientôt la guerre recommença. François Ier signa avec le pape Clément VII, Venise, Florence et le duc de Milan, la Ligue de Cognac le 22 mai 1526. Il laissa piller Rome, et l'Italie fut perdue une seconde fois. Charles-Quint, cependant, était épuisé. Il signa avec son ennemi la paix de Cambrai (1529), qui modifiait la rigueur du traité de Madrid par la restitution de la Bourgogne et des villes de la Somme. Le roi épousait Eléonore d'Autriche, sœur aînée de Charles-Quint. Pendant la paix qui suivit, François Ier rechercha des alliances. Il s'unit à Henry VIII, à Gustave Wasa, aux princes protestants d'Allemagne, et conclut un traité de commerce avec le sultan Soliman II. Sous le prétexte de l'assassinat d'un agent français en Italie, la guerre recommença (1536). François Ier occupa le Piémont, tandis que le connétable de Montmorency chassait les Impériaux de Provence. Par l'entremise du pape Paul III, une trêve de dix ans fut signée à Nice (1538). En 1542, la trêve fut rompue. Henry VIII et Charles-Quint s'unirent. François Ier mit cinq armées sur pied, et, malgré la brillante victoire de Cérisoles, eut à lutter contre une double invasion : l'empereur dans l'Est, le roi d'Angleterre en Picardie. Mais les deux alliés se brouillèrent, et Charles-Quint signa avec François Ier le traité de Crespy (1544). En 1546, Henry VIII faisait, à son tour, la paix avec le roi de France (paix d'Ardres).

Très supérieur à ses prédécesseurs, François Ier ne manquait point de qualités brillantes, qui ont permis de faire de lui, grâce à de nombreuses et souvent suspectes anecdotes, un personnage quasi légendaire. Solide et bien bâti, il aimait les sports, se comportait vaillamment à la guerre, eut d'innombrables aventures amoureuses, qui l'ont rendu populaire. Mme de Châteaubriant, Mme d'Etampes comptèrent parmi ses maitresses en titre. « Roi-chevalier », il a pourtant trahi souvent sa parole. Brillant causeur et poète à ses heures, il a eu le goût des lettres et des arts. Il favorisa le développement de l'imprimerie, fonda le Collège de France en 1529, protégea les artistes français et les mit en contact avec les représentants de la Renaissance italienne qu'il appela à Paris: Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini, etc. Son inapplication au travail, sa légèreté, sa prodigalité ont beaucoup nui à son gouvernement intérieur, dont la popularité ne fut point continue. De grandes transformations se sont produites sous son règne dans la France du XVIe siècle. Le régime politique tend vers la centralisation et l'absolutisme.

Malgré les irrégularités et l'arbitraire de son administration financière, il put assurer fortement l'autorité du pouvoir royal : sur l'Eglise, par le concordat de Bologne ; sur les seigneurs, dont il réduisit les pouvoirs judiciaires, et qu'il asservit à la domesticité brillante de la vie de la cour, véritablement organisée par lui ; sur le parlement, dont il négligea les remontrances, développant les pouvoirs du Grand Conseil ; sur l'administration provinciale. Il reconstitua une armée permanente nationale, créa l'état civil par l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), imposa l'usage de la langue française dans les actes judiciaires.
Les dernières années de son règne furent tristes. Le roi s'affaiblissait de plus en plus, usé par les excès. Il épuisait son royaume de demandes d'argent. Longtemps neutre ou hésitant à l'égard de la Réforme, il finit par la persécuter. Dominé par son entourage, il autorisa les massacres des Vaudois en Provence (1545).

❖ Filiation

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Epouse* / concubine Enfants
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