Histoire de France

CLOVIS Ier

Clovis Ier, roi des Francs, né en 465, mort à Paris le 27 novembre 511.


Baptême de Clovis par Saint-Rémi

Il était fils de Childéric et régnait sur une tribu des Francs Saliens; puis  il réunit au cours de sa vie toutes les tribus de ce peuple sous son commandement. Clovis entama une lutte contre Syagrius qui, sans titre officiel, groupait en Gaule les éléments romains. Il le vainquit à Soissons : Syagrius se réfugia à Toulouse; mais Clovis se le fit livrer par le roi des Wisigoths, Alaric, et le fit mettre à mort. Le pays entre la Seine et la Loire fut alors soumis. Le mariage de Clovis avec Clotilde se place en 493. Elle s'attacha à convertir Clovis. Ce dernier se décida au baptême après la bataille dite de Tolbiac (496) contre les Alamans. Le roi franc se fit baptiser avec trois mille de ses soldats. Clovis, étant le seul roi barbare de religion orthodoxe, fut désormais favorisé par l'épiscopat.
En 500, Clovis vainquit Gondebaud, roi des Burgundes, sur les bords de l'Ouche, près de Dijon ; puis il attaqua les Wisigoths, qui furent vaincus à Vouillé, non loin de Poitiers (507). Alaric II y trouva la mort. La région entre la Loire et les Pyrénées fut immédiatement conquise. Maitre de la plus grande partie de la Gaule, Clovis réunit à Orléans le concile de 511 ; il mourut après avoir assuré la puissance de la dynastie mérovingienne, et fut enterré, à Paris, dans la basilique des Saints-Apôtres qu'il avait fait construire.
Quatre de ses fils: Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire (les trois derniers, fils de Clotilde), se partagèrent le royaume.

CLOTILDE, reine des Francs, épouse de Clovis, née vers 475, morte à Tours en 545.
Elle était fille de Chilpéric, roi des Burgondes. Clotilde, retirée à Genève, fut demandée en mariage et épousée par Clovis, roi des Francs. Elle fut la mère de plusieurs enfants :

Son rôle fut de convertir son époux au christianisme. Devenue veuve, Clotilde se retira dans un monastère, à Tours. Son corps, ramené à Paris, fut enseveli à côté de celui de Clovis, dans la basilique des Saints-Apôtres, construite au lieu où s'élève aujourd'hui le Panthéon.
Elle fut canonisée par le pape Pélage

Le vase de Soissons


Carte vers l'an 500

En ce temps-là (c'était en l'an 486, au cours de la lutte contre Syagrius), Clovis était encore païen et beaucoup d'églises furent pillées par son armée. Dans l'une d'elles, les soldats s'étaient emparés, avec tous les objets du culte, d'un vase que ses dimensions et sa beauté rendaient particulièrement remarquable. L'évêque de l'église spoliée en fit demander la restitution.
 - Suis-nous jusqu'à Soissons, répondit Clovis à l'envoyé, car c'est là que tout le butin sera partagé. Quand le vase me sera échu, je donnerai satisfaction à l'évêque.

Une fois à Soissons, devant tout le butin amassé, Clovis harangua ses hommes :
- Très vaillants combattants, je vous demande de me céder, en plus de ma part, le vase que je vous désigne.

Les hommes de bon sens lui répondirent :
- Tout ce que nous voyons est à toi, glorieux roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité. Agis maintenant comme il te plaira. Personne ne peut te résister.

Ils avaient ainsi parlé quand un soldat inconsidéré, envieux et impulsif, frappa le vase de sa hache en criant :
 - Tu ne recevras que ce que le sort te donnera vraiment !

Au milieu de la stupéfaction générale provoquée par ce geste, le roi dévora patiemment l'affront, se fit donner le vase et le remit à l'envoyé en gardant sa blessure cachée au fond du coeur.
L'année finie, il convoqua l'armée au champ de Mars pour que chacun fît constater le bon état de ses armes. Circulant dans les rangs, il arriva devant celui qui avait frappé le vase :
 - Personne n'a apporté d'armes aussi mal tenues que les tiennes, lui dit-il. Ni ton javelot, ni ton épée, ni ta hache ne valent rien.
Ayant saisi la hache de l'homme, il la jeta par terre. Tandis que celui-ci se baissait pour la ramasser, le roi, ayant levé sa propre hache, la lui planta dans la tête en disant :
 - Ainsi as-tu traité le vase de Soissons.
Mort s'en étant suivie, il ordonna aux autres de se retirer non sans leur avoir inspiré une grande crainte.

GRÉGOIRE DE TOURS

Iconographie.

Il n'existe pas d'effigies authentiques de Clovis, ni de Clotilde. Les statues qui portent leurs noms sont des figures conventionnelles (Saint-Denis). Les portraits modernes de Clovis se rapprochent du type légendaire mérovingien (Victoire de Clovis à Tolbiac, par Ary Scheffer, à Versailles; Clovis à Tolbiac, par Joseph Blanc, au Panthéon). Plusieurs faits de l'histoire de Clovis sont représentés dans les tapisseries de la cathédrale de Reims datant du XVième siècle.


Baptême de Clovis à Reims en 496
par François-Louis Dejuinne
© Musée du château de Versailles

Baptême de Clovis
par Jules Alfred Vincent Rigo
© Musée des B-A de Valenciennes

 

❖ Filiation

Basine de Thuringe Childéric Ier
CLOVIS Ier
Epouse* / concubine Enfants
Evochilde (?) Thierry Ier
Clotilde* Ingomer
Clodomir
Childebert Ier
Clotaire Ier
Clotilde