Histoire de France

BRUNEHAUT

Brunehaut, reine mérovingienne d'Austrasie qui naquit en Espagne en 543 et fut mise à mort à Renève, près de Dijon en 612.


Supplice de Brunehaut (Lahure 1846)

Fille du roi des Wisigoths d'Espagne Athanagilde, Brunehaut épouse, vers 566, Sigebert Ier, roi d'Austrasie, petit-fils de Clovis et frère du roi de Neustrie, Chilpéric. Sa beauté et son origine wisigothique lui confèrent un prestige dont elle sait user. Lorsque sa sœur Galeswinthe, épouse de Chilpéric, est assassinée par Frédégonde, maîtresse de ce dernier, Brunehaut incite son époux à la venger. L'opposition entre la Neustrie et l'Austrasie devient alors une guerre ouverte, tandis que les grands des deux royaumes cherchent à s'émanciper en soutenant le roi adverse. Brunehaut, veuve de Sigebert (assassiné par Frédégonde en 575), se heurte ainsi à un parti de grands austrasiens. Elle parvient à faire reconnaître son fils Childebert II comme roi d'Austrasie, puis conforte sa position en s'alliant avec le roi de Bourgogne, Gontran.

Confrontée au parti des grands propriétaires fonciers, Brunehaut peut s'assurer de la loyauté d'un parti royaliste soucieux de développer une autorité monarchique solide, groupé autour de Gogon, gouverneur de Childebert II. Ce parti se montre favorable à l'alliance avec la Bourgogne, dont le roi Gontran choisit Childebert II pour hériter. En 592, à la mort de Gontran, Childebert II devient donc roi de Bourgogne. Mais il meurt peu de temps après, en 595, laissant pour hériters deux fils : Thierry II, à qui échoit la Bourgogne, et Théodebert II, qui reçoit l'Austrasie.

Brunehaut administre les deux royaumes, tout en luttant contre Frédégonde et son fils Clotaire II, d'une part, les aristocraties austrasienne et bourguignonne, d'autre part. En 597, Clotaire II, seul maître de la Neustrie, suscite la guerre entre Thierry II et Théodebert II, qui expulse sa grand-mère d'Austrasie. Cette dernière se réfugie en Bourgogne, où elle s'appuie sur le maire du palais, Protadius ; mais, quand celui-ci meurt en 605, elle perd son dernier soutien. En 613, Clotaire II fait capturer Brunehaut à Orbe, et il la fait mettre à mort en la faisant tirer (selon le récit de Grégoire de Tours) par un cheval fougueux dont on a tressé la crinière à ses cheveux. Au prix du massacre du reste de la famille austrasienne, Clotaire II parvient à refaire momentanément l'unité du royaume franc.

Longtemps décriée par les chroniqueurs, Brunehaut (Brunichild en allemand) a été réhabilitée par les historiens qui la considèrent comme l'incarnation de l'Etat.

❖ Filiation

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Epouse* / concubine Enfants
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